La psychologie humaine comme outil de piratage : ce que vos collaborateurs doit savoir

« Bonjour! Je suis du service informatique. Nous avons reçu un ticket concernant votre imprimante au troisième étage. Puis‑je jeter un œil sur l’ordinateur de la réception ? »
La réceptionniste hésite. L’homme est aimable, porte un badge et semble connaître étonnamment bien les affaires internes. Elle lui sourit poliment et l’accompagne. Cinq minutes plus tard, il a accès à tout le réseau interne.

De tels scénarios ne relèvent malheureusement plus de la fiction . les médias regorgent d’articles sur des entreprises ou des particuliers victimes de piratage, Le blocage de fichiers ou les importantes fuites de données personnelles sont également devenus monnaie courante. Ce sont des risques que toute entreprise doit prendre au sérieux.

Qu’est-ce social engineering?

La chaîne la plus faible est souvent humaine

L’ingénierie sociale (social engineering) consiste à exploiter le comportement humain plutôt que des failles techniques. Au lieu de forcer des pare‑feu ou des mots de passe complexes, l’assaillant persuade vos collaborateurs d’« ouvrir la porte » — parfois au sens propre.

Avec un sourire, un discours crédible et juste assez d’informations internes, il convainc même les collègues les plus vigilants d’agir contre les règles. Exemples :

  • Se faire passer pour un technicien, un collègue ou un fournisseur afin d’accéder physiquement au bâtiment.
  • Un appel de « la banque » demandant en urgence de confirmer des données de carte.
  • Un e‑mail du « PDG » exigeant un virement immédiat.

Le social engineering ne se limite pas au digital. les négligences physiques sont aussi exploitées :

  • Documents confidentiels laissés sur des bureaux.
  • Mots de passe sur Post‑it ou notes non sécurisées.
  • Clés ou badges facilement accessibles.

D’où l’importance d’allier mesures techniques et vigilance humaine : politique « clean desk », formations de sensibilisation, culture du doute constructif.

L’objectif reste toujours le même : accéder à des informations, systèmes ou locaux, via vous ou vos collègues. Restez donc attentifs, en ligne comme hors ligne. Restez donc attentifs, en ligne comme hors ligne.

Quels secteurs sont vulnérables ?

Toutes les organisations ou entreprises sont, en principe, une cible potentielle pour les personnes appliquant du social engineering. les données sensibles se trouvent partout et nous côtoyons quotidiennement divers interlocuteurs. Les attaquants profitent de tout canal pour pénétrer là où ils n’ont pas accès. Nous sommes quotidiennement en contact avec toutes sortes de personnes et de parties prenantes. Le risque que des personnes mal intentionnées tentent d’accéder, par ces canaux, à des éléments auxquels elles ne devraient pas avoir accès est bien réel. Il existe bien entendu des environnements où l’on voit passer plus de personnes extérieures que la moyenne. Pensez aux entreprises principalement orientées vers la vente aux particuliers. Comme les commerces de détail ou les hôtels. Ces lieux se caractérisent par une ambiance animée et un va-et-vient constant de nombreuses personnes, parfois venues des quatre coins du monde. Les hôtels représentent donc souvent un environnement rêvé pour le social engineering? Pourquoi?

  • Il y a beaucoup de rotation au sein du personnel, donc tout le monde ne se connaît pas forcément.
  • Les employés sont formés à être accueillants, aimables et serviables — exactement ce dont les ingénieurs sociaux ont besoin.
  • Il y a un flux constant de visiteurs et de fournisseurs, ce qui facilite l’usurpation d’identité.
  • On utilise souvent des solutions informatiques partagées, ce qui engendre des vulnérabilités.


Comment sensibiliser les collaborateurs ?

Heureusement, il existe des moyens de rendre votre personnel plus résilient face à ces formes de manipulation. Et la bonne nouvelle ? Vous n’avez pas besoin d’être un expert technique pour faire la différence.

Assurez-vous de proposer une formation approfondie.

Il existe plusieurs formations qui peuvent aider à apporter une réponse solide à l’ingénierie sociale. Pensez à des formations générales en sensibilisation à la sécurité (security awareness). De cette manière, vous vous assurez que l’ensemble de l’organisation comprend à quel point le social engineering peut avoir un impact sur l’entreprise.

Montrez donc à vos collaborateurs comment agit une personne qui applique du social engineering

  • Quels sont les signaux suspects ?
  • Comment reconnaître une fausse histoire crédible ?
  • Que faire en cas de doute ?

Il existe également des formations spécifiques en sensibilisation à la cybersécurité. Ces formations abordent également l’aspect numérique de ces vulnérabilités et enseignent comment y rester vigilant.

Créez une culture du « le doute est permis ».

Assurez-vous que les collaborateurs se sentent en sécurité pour dire « non » ou demander de l’aide. « Mieux vaut poser une question de trop que pas assez » devrait être la devise. Les collaborateurs ont souvent tendance à croire directement ce que disent leurs collègues. Et surtout lorsque cela semble venir de la direction. De plus, ils souhaitent offrir le service attendu d’eux. Imaginez recevoir un mauvais avis simplement parce que vous avez posé une question de trop à un client ou à un hôte de l’hôtel. Et pourtant, même dans le secteur hôtelier, l’orientation vers le service ne doit jamais primer sur la sécurité.

Mettez-vous à l’épreuve.

Simulez une attaque de social engineering dans votre hôtel. Faites en sorte qu’un collaborateur interne ou un client mystère se fasse passer, lors d’une visite, pour un visiteur avec une histoire convaincante. Comment réagissent les collègues ? Les appels mystères sont également un excellent moyen de tester la vigilance face aux personnes appliquant le social engineering. Lors d’un appel téléphonique, il est très difficile pour un employé de se faire une idée de la personne, car il ne peut se fier qu’à une voix. Qui, dans le pire des cas, peut même être modifiée.

L’objectif n’est pas de sanctionner les collaborateurs, mais de révéler les vulnérabilités et d’en tirer des enseignements.

La force des entreprises et des organisations réside dans le service et l’hospitalité qu’elles offrent. Mais cette même ouverture les rend également vulnérables. Le social engineering ne constitue pas un risque technique, mais bien une vulnérabilité humaine fondamentale. En formant les collaborateurs à la sensibilisation et à la détection, vous pouvez faire une réelle différence dans la sécurité de votre organisation.

Chez Kingsm3n nous avons développé des formations axées sur la sensibilisation à la sécurité. Dans cette formation, nous accompagnons tous les collaborateurs de l’organisation à travers tous les tenants et aboutissants de ce sujet. Ainsi, vous posez une base indispensable pour une politique de prévention efficace en matière de sécurité.

Image de Michaël Marbais

Michaël Marbais

Entrepreneur et conseiller en prévention niveau 1.
En tant que dirigeant de Kingsm3n et Ken Do It, il aide les entreprises à concrétiser la sécurité, la sûreté, le leadership et les politiques centrées sur l’humain – dans chaque routine comme dans chaque situation de crise.

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